mardi 21 avril 2015

De mes épiques épopées épineuses



Salut à tous !

Je n'ai toujours pas Internet, et je n'ai toujours pas posté le premier article que j'ai écrit (même si, quand vous lirez ces mots, c'est que les choses auront changé entre temps), mais il ne sera pas dit que je serai restée inactive pendant cette période creuse, et comme vous le voyez, je pense à vous.

Voici donc une semaine que je suis arrivée dans mon appartement à Takarazuka. Premières constatations en vrac : les cerisiers sont très beaux en ce moment (la rue qui passe au dessus de chez moi en est pleine), mais probablement plus pour longtemps ; il pleut relativement beaucoup (la faute aux petites montagnes qui bordent la ville, un peu plus loin, ou à une année particulièrement pourrie?) et il fait pas mal de vent ; le camion de poubelles est rose et il fait une petite musiquette quand il passe le matin ; dans la journée, quand il fait beau, il fait CHAUD, et la nuit, il caille ; les corbeaux sont très nombreux dans mon coin et aiment aller fouiller les sacs poubelles laissés à l'abandon ; je n'ai toujours pas de canapé mais je me suis fait un fauteuil avec mon futon replié ; JE N'AI TOUJOURS PAS INTERNET. (Mais j'ai un vélo, il s'appelle Thorin et tout comme son homonyme, il est un peu vieux mais très beau.)

Je commence à fournir petit à petit mon appartement avec des objets achetés dans le 100¥ shop près de chez moi (qui est à la fois un paradis et un enfer sur terre, ou l'Antre de la Tentation). Oh, ce rideau de douche ! Ça tombe bien, j'en avais besoin. Aah, la tasse pour mettre la brosse à dent ! Je peux pas faire sans. Oh génial, un adaptateur pour brancher deux paires d'écouteurs ! Je cherche ça depuis des mois ! Une casserole ! Trop pas cher ! Ooh, une moumoute pour mettre sur la lunette des toilettes ! J'aurai plus froid aux fesses en hiver et ce sera tout doux ! 

Voilà. Basiquement, c'est moi dans un 100¥ shop.  Je repars toujours avec un tas d'articles dont je ne savais pas que j'avais terriblement besoin (et que j'oublie une fois rentrée à la maison). Génial, un truc pour passer le fil dans le chas des aiguilles ! Toujours est-il que c'est très pratique quand il faut fournir sa maison et qu'on n'a pas envie de dépenser des mille et des cents dans des fournitures dont on devra se débarrasser à la fin de l'année.

Il paraît que mon quartier est un super quartier, parce qu'on y trouve des supermarchés pas chers, des 100¥ shops (deux pour l'instant à ma connaissance), Sushiro, un restaurant de sushis pas cher (oui, c'est pour ça que j'ai choisi d'habiter ici, gnihihi), Sukiya (qui est une chaîne de restaurants de gyûdon, qui est un bol de riz garni de tranches de bœuf, décliné de toutes les façons possibles et imaginables, et absolument trop bon), un Mister Donuts et un Mc Do près du supermarché Izumiya, etc. Jusqu'ici, je suis plutôt d'accord avec cette assertion, à l'exception d'un point crucial : même au Mc Do il n'y a pas de spot wifi ! Je me résigne donc à errer comme une âme en peine, le smartphone tout prêt à être dégainé à la moindre occasion pour tester les connexions des environs, en attendant d'avoir Internet chez moi (ce qui, je l'espère, ne saurait tarder). 

Edit du jeudi 9 avril 2015. Mes pèlerinages m'ont d'abord mené à avoir un accès internet à Namba (environ une heure trente de route, de porte à porte), puis à Umeda (une heure de route), puis j'ai trouvé un WiFi gratuit dans un Family Mart de Shukugawa (trois quarts d'heure de route), et j'ai découvert l'autre jour un Tully's Coffee avec WiFi (une demi-heure de route), avant d'entendre parler d'un café Lemon Tree près de ma gare (un quart de route). Mais ça, c'était avant aujourd'hui, avant de parvenir à me connecter à Internet au free WiFi du Family Mart à deux rues de mon appartement (cinq minutes de route).
Pour très bientôt le moment de l'upgrade "aucune route à faire pour avoir Internet", on l'espère. (Probablement avant d'avoir posté cet article, j'imagine…)
Edit du mardi 21 avril 2015 : c'est bon, les gars ! J'ai Internet depuis aujourd'hui !

À part ça, je me faisais une montagne de toutes ces formalités au Japon, mais il n'empêche que j'ai vaincu avec brio les premiers ennemis que j'ai eus à confronter : 1) la signature du bail, mais je vous en ai déjà parlé. 2) La création d'une téléphone portable. Ça, c'était chaud, je l'avoue. D'ailleurs, je vais même vous en raconter les détails une fois que j'aurai fini ma liste, parce que c'était assez drôle. Mais reprenons : 3) l'inscription à la mairie pour faire enregistrer sa nouvelle adresse ; 4) aller à la banque pour faire revivre mon compte, changer mon code secret de carte bancaire et mettre des sous sur le tout pour faire des virements aux divers établissements à qui je devrai de l'argent sous peu. 5) Internet chez moi.

Mais revenons à notre 2) le téléphone. Rappelez-vous qu'à Kansai Airport, le monsieur de Softbank m'avait dit qu'il était sur le point de fermer et qu'il faudrait que j'aille voir ailleurs. Sans me décourager (mais un peu découragée quand même), et surtout sans Internet pour trouver des boutiques Softbank, je me suis aperçue qu'il existait quelque chose près de ma gare, Obayashi, dans le supermarché Izumiya, et j'y suis donc allée. La nana m'a rapidement fait comprendre qu'elle ne faisait pas ça (c'était une toute petite échoppe qui faisait des portables non seulement Softbank, mais aussi AU et Docomo). Je lui ai donc demandé où je pourrais trouver une boutique Softbank spécialisée pas loin, elle m'a répondu "je sais pas". Bon. Ben moi non plus, madame. 

J'ai donc décidé de faire une longue route pour aller à Sannomiya, Kôbe, où Marine SAVAIT qu'il y avait une boutique Softbank, puisque c'était là qu'elle avait fait son portable. J'en ai trouvé une dans la gare. Le monsieur me dit gentiment qu'il ne fait pas de carte prépayée, et m'indique une autre boutique dans une rue voisine. J'y vais. 

Là, un monsieur ET une stagiaire m'accueillent : l'un en parlant à la vitesse de la lumière, l'autre en articulant les mots comme si j'étais débile. Toujours est-il que je ne les comprends ni l'un ni l'autre, jusqu'à ce que je remarque qu'ils veulent absolument me faire acheter un portable sur lequel il y a une campagne de promotion, et le forfait sur 2 ans en conséquence. Oui, mais non. Moi je suis là pour un an, et les forfaits à briser avant la fin du temps imparti, j'ai déjà donné avec Orange, thank you. Je leur demande pour la millième fois s'ils ne font pas de carte prépayée, et ENFIN ils répondent non. Je m'en vais, la mort dans l'âme. 

Le lendemain, je décide par hasard de prendre une autre route pour rejoindre la gare d'Obayashi depuis chez moi : que vois-je ! Je tombe sur un magasin Softbank sur la route ! Prenant ça comme un signe du destin (et de l'incompétence de la vendeuse de la petite échoppe à une rue de là, qui m'a dit qu'elle ne savait pas où trouver une boutique spécialisée), j'entre. J'attends une bonne demi-heure que quelqu'un se libère, et une nana avec un masque anti-microbes m'accueille (je déteste quand les gens parlent avec des masques, déjà qu'en général je comprends un mot sur trois, là, le ratio chute drastiquement). Je lui fais comprendre ce que je veux, elle me demande si je veux réutiliser mon ancien numéro qui date de trois ans auparavant. Je me dis que ça s'annonce bien et je lui dis que oui. Elle va consulter son chef et m'apprend qu'en fait ça ne sera pas possible parce que l'ancien contrat n'était pas à mon nom, etc, etc. Alors je demande un nouveau, et là elle me dit que chez eux ils n'ont pas la carte SIM appropriée. (Et là, j'ai envie de me tirer une balle). Alors je lui demande où ils en font, et elle me dit d'aller voir à Sakasegawa, l'arrêt de train suivant, on sait jamais.

Alors je sors, toujours la mort dans l'âme, et je monte dans le train pour Sakasegawa, et c'est là qu'a lieu le vrai signe du destin, puisque quelqu'un, en me touchant le bras après que je sois montée dans la rame, me fait pousser un hurlement de terreur, et je réalise que c'est Marine, qui était auparavant montée dans le même train, dans la MÊME rame (et pourtant, Dieu sait que les trains sont pas petits au Japon), mieux encore, qui s'était assise juste à côté de la porte où je suis entrée. (Je vous jure, ça m'était jamais arrivé un truc pareil.)

Après qu'on ait poussé des glapissements de bonheur (et effrayé tous les autres passagers) à l'idée d'une pareille coïncidence, elle me dit qu'elle est là avec ses deux tutrices, Kanae et Mizuki, et qu'elles vont ensemble s'enregistrer à la mairie (ce qui constituait le n°3 de ma liste d'un peu plus haut, pas vrai que ça tombe bien?). Du coup, j'y vais avec elles, tout en faisant connaissance avec les deux filles adorables et en remarquant que la mairie n'est probablement pas très éloignée de chez moi à pied, en fait, et après un looong moment d'attente, Marine est refoulée à la mairie parce qu'elle n'a pas son passeport, et moi, je parviens à la fois à m'inscrire ET à refuser l'assurance santé qu'on me propose (que je n'ai jamais payée la première fois et pour lesquelles on m'envoyait des relances et des avertissements par téléphone, tu te souviens, cher lecteur?). Double victoire pour moi, donc, pour Marine, on décide de revenir le lendemain.
 
Quoi qu'il en soit, l'ennemi n°3 vaincu, le n°2 est encore là, et dans un élan de grandeur d'âme, Kanae et Mizuki acceptent de venir avec moi à Softbank pour le portable. Et là ! Miracle ! Je suis accueillie par un beau jeune homme (en masque, certes, mais bon), et Kanae et Mizuki me répètent plus lentement et plus simplement les parties que je ne comprends pas, et finalement, en sortant de la boutique, j'ai un portable ! Fini les rendez-vous au préalable avec Marine ! Fini l'impossibilité de changer ses plans à la dernière minute !

Je me sens de tellement bonne humeur que je suis capable d'affronter le n°4 là tout de suite (la banque), mais on a attendu longtemps à la mairie, et au Japon, les banques ferment à 15h (on peut dire qu'ils s'emmerdent pas!). Ce sera donc pour le lendemain.  

Mais le lendemain, avant toute chose, il faut aller enregistrer Marine à la mairie, ce qui s'avère drôlement moins facile que la veille, parce que la veille, c'était le jour où tous les nouveaux étrangers du coin devaient venir s'inscrire, apparemment, et en conséquence, il y avait des gens pour nous guider et pour nous faire attendre dans des pièces spéciales, mais là, en arrivant, le rush de nouveaux arrivants étant passé, il n'y avait plus personne pour nous guider et on s'est retrouvées bien en peine de savoir quoi faire. Finalement, une bonne âme est venue à notre rencontre pour nous aider, et au bout d'un certain temps d'attente, Marine a enfin pu s'inscrire à son tour – à la suite de quoi on est allées à la banque. 

Note, cher lecteur, que déjà en France, je n'aime pas les banques, mais qu'elles ont un incroyable avantages : leurs employés parlent français. Alors cette histoire de banque japonaise, moi, ça me torturait l'estomac depuis un bon moment. J'avais déjà deux comptes bancaires japonais, ouverts à l'époque de mon ancien séjour, mais inutilisés depuis deux ans et demi, je ne savais pas s'ils étaient toujours valides. 

(Pour ta culture générale, ami qui lit ces lignes, il faut savoir que les comptes bancaires japonais sont assez différents des comptes français. Déjà, on te donne un livret bancaire avec, que tu peux mettre dans la machine et tout (ouais ouais, c'est drôle), et une carte bancaire. Cette carte, tu ne la paies pas comme nos cartes françaises, mais c'est parce que c'est une "cash card", autrement dit, elle ne sert qu'à retirer de l'argent : tu peux oublier l'idée de payer avec dans un magasin. De toute façon, tu peux généralement oublier l'idée de payer par carte bancaire où que tu ailles au Japon : l'argent liquide est infiniment plus utilisé. Tout ça pour dire que les cartes bancaires étant gratuites, je n'ai pas fermé mes comptes quand j'ai quitté le territoire la première fois. Ceci étant posé, continuons.)

Malheureusement, il y a une chose à savoir sur moi, c'est que j'ai une mémoire dont un malade d'Alzheimer lui-même aurait honte, à mi-chemin entre le cube de gruyère aux trois-quarts mangé et la cervelle de pigeon irradié : par conséquent, quand, incapable de me rappeler du code de ma carte bancaire rouge, mais décidée à essayer quand même d'en tirer du fric, j'ai bloqué la carte, je me suis rajouté un nouveau problème sur les bras. 

On est donc arrivées à la banque en tentant (pour ma part) de  se faire minuscules, et la dame m'a vite appelée à l'accueil pour passer aux choses sérieuses. Étrangement, tout s'est passé sans anicroche, qu'il s'agisse de savoir si je pouvais toujours utiliser mon compte après toutes ces années (oui, je pouvais!), de mettre des sous dessus (oui, je pouvais aussi!) ou pire encore, de changer le code de ma carte (OUI, je pouvais!!). Je suis ressortie de là émerveillée d'avoir vaincu le grand Géant, qui au final n'était pas si terrible que ça. (Bon, pas que je le referais sciemment, m'enfin.)

Ce qui nous ramène au numéro 5, dont le processus est malheureusement toujours en cours. J'ai trouvé une gentille âme (payée) pour se charger à ma place de la souscription à Internet, ce qui n'est pas rien, car les offres Internet au Japon me paraissent affreusement compliquées. Déjà, il y a une multitude de choix : commencer par faire une sélection de ceux qui offrent un service client en anglais paraissait une relativement bonne idée. Ensuite, à la différence de la France, il faut payer deux sociétés : celui qui te fournit le débit Internet, et celui qui te fournit la possibilité de connexion (d'après ce que j'ai compris). Un peu comme France Télécom et les FAI avant que le dégroupage total ne change tout. Il y a quelques sociétés qui font les deux, mais pas toutes évidemment, ce serait trop beau. 

Heureusement, la bonne âme que j'ai trouvée sur Internet m'a expliqué toutes les différences et les possibilités assez clairement, et j'ai donc souscrit à une des offres proposées. Sauf que c'est en avril que tout le monde emménage au Japon, et qu'apparemment NTT, mon fournisseur de haut débit, est diablement occupé en ce moment, donc je n'ai toujours pas de nouvelles. Espérons qu'ils fassent vite. J'en suis réduite à aller squatter l'extérieur du Family Mart derrière chez moi pour devoir jeter un rapide coup d'œil aux dernières nouvelles sur Facebook, et le joli garçon au masque qui tient la caisse doit probablement se dire que je suis bizarre. (Déjà que je l'ai obligé à réceptionner mes trois énormes cartons Amazon la fois dernière…)

Edit du 21 avril : comme la situation ci-dessus s'est résolue cet après-midi, autant vous la raconter tant qu'elle est encore fraîche dans mon esprit. J'avais reçu de la part de ma bonne âme un mail me disant que NTT était assez occupé en ce moment mais qu'il allait essayer d'accélérer un peu le processus. Quelques temps plus tard, j'ai reçu un autre mail me disant que l'installation se ferait donc le 21 avril. 

Internet au Japon, ça se fait pas les mains dans les poches. Déjà, j'ai l'impression que le Wi-Fi est un concept qui ne leur vient pas naturellement, du moins si j'en crois le fait que les modems sont rarement configurés pour. Il faut donc se connecter par câble, ce qui est pas mal embêtant, mais bon, tant que ça marche, moi, je ne me plains pas. 

Faut juste que ça marche, quoi.

Ensuite il faut attendre de recevoir deux lettres, l'une du FAI (le mien s'appelle OCN) avec ID et mot de passe, et l'autre du fournisseur de haut débit (NTT), avec plein d'ID et plein de mots de passe que je sais pas du tout à quoi ils servent. C'est celui du FAI qui est nécessaire pour se connecter par câble, mais bien entendu, moi, je n'avais reçu que la lettre de NTT, avec tous ses mots de passe et ses ID inutiles. 

L'homme est donc venu installer Internet en silence, pendant que Marine et moi on jouait au chinchon (prononcer tching-tchong... un jeu espagnol, comme son nom l'indique) sur la table, pas en silence, et au bout de trois quarts d'heure, il est reparti, et je me suis retrouvée l'heureuse propriétaire d'une connexion non-configurée, donc forcément, qui ne marchait pas. Après avoir en vain essayé tous les mots de passe et ID fournis par NTT, j'ai été bien forcée d'admettre que ceux qui comptaient vraiment étaient dans la lettre d'OCN que je n'ai pas encore reçue. Et croyez-le ou non, il n'y a pas grand-chose de plus frustrant que d'avoir un ordinateur avec un accès internet, sans internet. 

Il n'y avait plus qu'un recours : appeler. Doux Jésus. Il y a quelque chose à savoir sur moi, en dehors de ma mémoire gruyère de pigeon irradié, c'est que je déteste le téléphone, je déteste appeler, je déteste, beuuuh (tu sens la haine profonde, la panique inhérente?). L'installateur d'Internet m'avait déjà appelée deux fois dans la journée, la première fois pour me dire qu'il serait en retard et la deuxième fois pour me dire qu'il arriverait dans 15 minutes (promis, la prochaine fois, pour un rendez-vous prévu entre 13h et 15h (et le gars arrivant finalement sur le coup des 16h), je ne me lève plus à huit heures du matin en me disant qu'ils viendront peut-être un peu plus tôt), et c'était déjà deux fois de trop.

Heureusement, j'avais une possibilité (et si je ne l'avais pas eue, j'aurais sans doute préféré attendre la lettre d'OCN), c'était celle d'appeler le service client d'OCN en anglais. Alors oui, je l'avoue, je me suis rabattue sur la simplicité (encore qu'il faut bien l'avouer, se faire expliquer une configuration en anglais sur un ordi en français par un japonais à l'accent prononcé, c'était pas tout à fait la panacée. (Elle est pas belle, mon assonance?))

Le type m'a donc filé mon identifiant et mot de passe (ceux qui comptaient!) et s'est mis à rire quand je lui ai dit que ça ne marchait pas. (Au moins, il était sympa...) Il a tout de même mis beaucoup de bonne volonté, à rester patiemment au téléphone pendant que j'essayais de faire fonctionner le satané truc, et finalement, finalement, j'ai réussi à me connecter (probablement que le monsieur au téléphone m'a prise pour une folle quand je me suis mis à crier hystériquement "IT WORKS !! THANK YOU IT DOES WORK, THANK YOU!", mais bref). 

Et me voilà donc de nouveau avec Internet, et bon sang ce que ça m'avait manqué, vous pouvez pas imaginer...

Voilà pour l'instant ! Je vous dis à bientôt, j'ai encore un article en rab où je me plains copieusement, ça serait dommage que vous ratiez ça, pas vrai ?

Laterz!

lundi 13 avril 2015

De mon arrivée au Japon


Salut à toi, cher lecteur !

Comme je sais que tu brûles d'impatience de savoir comment s'est déroulé mon voyage, je m'empresse de t'en faire un compte-rendu détaillé (même si tu ne le liras que bien plus tard, je pense, une fois que j'aurai enfin internet dans mon appartement).

Si tu te poses la question, sache que ce voyage s'est très bien déroulé et que je suis arrivée sans encombres au Japon, d'où je t'écris avec les doigts plein de la graisse de mon beignet au curry. Je partais donc avec Sweet, dont le nom reviendra probablement très souvent dans ce blog, et qui m'a retrouvée, avec sa gentille maman, à l'aéroport de Paris Charles-de-Gaulle le matin – notre avion était vers 14h.

Quelque trente minutes après les retrouvailles, pour bien commencer le voyage, elle avait déjà réussi à changer le code de sa valise sans s'en rendre compte et à se retrouver incapable de la rouvrir. Il a donc fallu qu'on essaie un par un tous les codes à trois chiffres de sa valise jusqu'à retrouver le bon… Épique, oui oui.

Après ça, on a dit au revoir à sa famille, et on est parties vers la zone duty free, où nous attendaient un petit Starbucks et la porte d'embarquement de notre vol direction Dubai. On commençait à y faire la file, quand soudain, je repère dans la file 1ère classe un long nez, des cheveux blancs qui me disent quelque chose… Eh oui, Dominique de Villepin est devant nous, encadré de ses gardes du corps, l'air tout à fait paisible, attendant de monter comme nous. On est rassurées : si Domi est dedans, notre avion ne risque pas de se crasher, pas vrai ?

Bref, voici donc le moment d'embarquer ! [Attention : les lignes qui vont suivre constituant une déclaration d'amour à l'intention de la compagnie Emirates, vous pouvez les passer.] Je n'avais jamais pris l'avion avec Emirates avant, mais j'avais entendu des échos, comme quoi c'était une des meilleures compagnies du monde, etc… Eh bien, sachez, mes amis, que sa réputation n'est pas usurpée. Les hôtesses et stewards étaient très sympathiques, la nourriture était très bonne (malgré ce moment où j'ai vu le piment sur le poulet et que je l'ai pris pour un de ces piments que ma famille espagnole me fait souvent goûter quand j'y vais, à avaler d'un coup : GRAVE ERREUR. J'ai eu la bouche en feu pendant une demi-heure et n'ai pas pu savourer comme il se devait le très bon poulet au curry), les films proposés étaient au moins au nombre d'un million, et parmi les récents en plus (Interstellar, etc…), même si j'ai finalement choisi de me passer devant un bon vieux Américain à Paris, bref, c'était fort agréable.

Arrivée à Dubai (la vue de nuit de la ville était magnifique), attente de trois heures, lecture refroidissante d'un article posté par ma sœur sur le crash de l'A320 qui venait du Brésil il y a quelques années, puis on embarque sur le deuxième avion, qui n'est pas un Airbus lui, mais un Boeing ; moins confortable et luxueux que le premier, mais qui 1) a des petites lumières sur le plafond de ses couloirs qui reproduisent les constellations de la galaxie (j'étais déjà conquise), 2) possède la sélection entière Hobbit/Seigneur des anneaux (j'étais amoureuse pour de bon). Ne mentionnons pas (ou si, plutôt, mentionnons-la) la très bonne omelette au fromage et aux champignons, accompagnée de Rondelé (mais y'avait pas de fines herbes dedans, alors c'était pas vraiment du Rondelé).

On n'a pas tardé à se faire remarquer en parlant en japonais à l'hôtesse, qui nous a dit qu'elle venait d'une université à Ôsaka et tout, et après quoi, le voisin de Marine, un vieux japonais dont la femme était assise de l'autre côté de la rangée, lui a tapé la tchatche pendant un bon moment dans un japonais relativement incompréhensible.  (Pardon de t'avoir laissée seule dans cette épreuve, Marine.)

Bref, un très bon vol, dont le gros point noir se trouve surtout à l'arrivée à Kansai Airport. C'est peut-être (probablement) parce que c'était la saison des fleurs de cerisiers, mais la file pour passer le check-out (je sais pas trop comment appeler ça, mais c'est l'inverse du check-in, alors…) s'étendait au moins à perte de vue. On s'était dit "oh oh, on a un visa, on va gruger la file !". Que nenni, on a dû attendre nos deux heures comme tout le monde. C'est seulement en arrivant devant le bureau que le monsieur me fait signe d'aller vers une autre file. Hi hi. Bref, d'habitude je loue la célérité des japonais, mais Kansai Airport doit être une dimension parallèle qui n'appartient pas vraiment au Japon, parce que c'est pas la première fois qu'ils me font le coup.

Marine était un peu angoissée parce qu'elle était censée retrouver quelqu'un de son université qui l'attendait pour aller à l'hôtel, mais avec nos deux heures d'attentes dans l'antre de la sueur et des cris d'enfants et des épaules tuées par des sacs à dos de dix kilos (si le purgatoire existe, il doit ressembler à ça), on n'était pas sûrs que la personne serait toujours là. En fait, pas d'inquiétude, quelqu'un l'y attendait. On est même passés vite fait sur le stand Softbank pour acheter une carte de téléphone pour Marine, mais c'était déjà trop tard pour moi et mon portable non rechargé depuis plus d'un an. (Me voici donc sans téléphone, ce qui, comme vous pourrez vous en douter, est HORRIBLEMENT peu pratique, surtout lorsqu'on arrange un rendez-vous à l'avance avec Marine et qu'on ne se réveille pas à temps pour y aller. (Pardon encore, Marine!))

Puis nos chemins se séparent, hôtel pour Marine, nuit en auberge de jeunesse pour moi. Je m'étais jurée de botter les fesses du décalage horaire, mais j'ai probablement trop dormi dans l'avion, et je passe la majeure partie de la nuit réveillée, avec une migraine effroyable. Je m'endors à 6h, mais évidemment, il faut que je me réveille à 8h pour aller signer mon bail (les yeux collés et la migraine toujours là).

Je laisse mon énorme valise dans une consigne automatique, ainsi que mon sac à dos déchargé d'à peu près tout ce dont j'aurai besoin pour aller signer le bail, à part mon sceau, que j'oublie comme une grosse bêbête  dans la poche avant. C'est malin. À part ça, j'ai bien fait mes repérages avant de partir, je connais (presque) le chemin comme ma poche sans l'avoir arpenté (à part la gare de Namba, qui est grande comme au moins deux fois le Texas), et je me rends donc à Esaka, où se trouve mon agence de location Kinoshita.

C'est là, dans un bureau étouffant, que M. Yamanaka et M. Yoshimura me lisent et me font signer un milliard de papiers, tout en m'expliquant le tout en japonais, ce qui me fait me dire que quand on veut emménager au Japon et qu'on ne parle pas un mot de japonais, il faut une bonne dose de débrouillardise et de courage. Ken "Mon Sauveur" n'est malheureusement pas là, mais je l'ai au téléphone (hiiii!) et sa jolie voix qui parle magnifiquement bien anglais (ce qui n'est pas courant pour un Japonais, précisons – mais d'après M. Yamanaka, Ken est à moitié américain (j'ai toujours une chance qu'il soit blond, donc!)) m'explique quelques menus détails et me supplie de lui donner mon numéro de téléphone une fois que j'en aurai un. (Oh, Ken, même sans me supplier, je te l'aurais donné!)

Après une heure et demie (oui, parce qu'il a fallu lire tous les papiers, etc, c'était LONG), j'ai les clés, et houp, on est partis. Je ne retrouve plus ma valise à Namba, ce qui est fort embêtant, parce que je ne me souviens plus du tout dans quelle consigne je l'ai laissée. Après une demi-heure passée à tourner en rond, je la retrouve enfin, et c'est naze et en sueur (dieu merci, je n'ai pas emménagé pendant l'été) que je me dirige vers ce qui sera mon nouvel appartement !

Arrivée à Suenari, mon quartier, un problème m'apparaît très vite : malgré le fait d'avoir à peu près mémorisé son emplacement sur Google Map après l'avoir visité un milliard de fois, je n'ai pas de plan de l'endroit où se trouve mon appartement, à part un tout petit screen fait avant de partir qui cache une bonne partie des routes. Je mets donc au moins trois quarts d'heure à rejoindre mon appartement depuis la gare d'Obayashi, contre un quart d'heure selon ce que l'agence prévoyait. Mais je suis chez moi !

L'appart est beau, grand, propre, et absolument vide. Le soleil éclaire la porte d'entrée (oh oh, je pressens les grosses chaleurs à venir en été), le sol est de parquet ciré, j'ai un mini-balcon, une salle de bain qui se sépare en salle de lavabo d'un côté et salle de baignoire de l'autre, et les toilettes séparées de l'autre côté de la salle de lavabo, une mini kitchenette dans le couloir, et voilà. Il ne me reste plus qu'à attendre que mes meubles soient livrés, plus tard dans la journée : frigo, lave-linge (qui fuit, mais le monsieur est venu le lendemain réparer ça), micro-ondes, aspirateur, table et deux chaises, et futon, un beau futon avec une grosse couette en plumes et une couverture supplémentaire. Très agréable.

L'endroit est un peu excentré, plutôt résidentiel, mais il y a un supermarché et un 100¥ shop à cinq minutes de chez moi, un Sushiro (mon restaurant de sushi préféré) à dix minutes de là (j'y ai traîné Marine dès notre arrivée), quelques combinis, des restaurants divers et variés (et promettant d'être délicieux), et une fois que j'aurai un vélo, je pourrai encore plus explorer les environs !

Bref, tout va bien, j'ai un appart très cool, il ne lui manque plus qu'internet et un canapé ou un fauteuil pour être vraiment d'enfer (là, avec le futon rangé dans le placard pendant la journée, il fait un peu vide).

Voilà pour mon installation ! On se retrouve peut-être bientôt pour un post sur la bouffe japonaise et les 100¥ shops, que je suis incroyablement heureuse de retrouver, et je n'oublierai pas non plus de parler du PQ japonais, promis.

À plus les minus !

mercredi 18 mars 2015

De la paperasse (version 2.0)

Salut tout le monde !

Chose promise, chose due (et surtout, je suis censée travailler et j'ai pas envie, donc c'est une excuse comme une autre pour honteusement sécher le boulot), voici mes pérégrinations paperassiques version 2.0. De l'action ! Du suspense ! Du stress, du sang et des larmes !
(Traduction : c'est un post long où je passe mon temps à râler. Histoire que vous soyez prévenus.)

Je t'ai donc, cher lecteur, raconté pourquoi, un peu brutalement, j'ai une nouvelle fois décidé de m'exiler à l'autre bout du monde. C'est l'heure de raconter le comment. 

Une fois la décision prise (ce qui ne s'est pas fait sans certaines hésitations, tu pourras demander à ma maman qui en sait quelque chose... ("Bon ! J'y vais finalement!" "Ah oui?" "Roh, non, en fait j'y vais pas... Y'a mon bébé chat Soya et tout..." "Ah bon." "...Bon ! C'est décidé, j'y vais!" "ça fait juste vingt mille fois que tu changes d'avis en dix minutes." "Je sais mais... roh allez, j'y vais!" "Et Soya?" "Argh ! Je peux pas laisser Soya toute seule!" "...") ...bref), une fois la décision prise, disais-je donc, il a fallu s'intéresser au côté pratique de la chose. 

A savoir que j'allais devoir a) demander le visa, b) prier pour qu'on me l'accorde, c) me trouver un appart, d) ME TROUVER UN APPART. (Sachant qu'en tant qu'étranger, c'est loin d'être évident.) La première fois, j'avais réussi à manœuvrer de façon à me sortir de ce piège, puisque c'était la fac qui avait fait les démarches pour moi, ce dont je lui suis, rétrospectivement, incroyablement reconnaissante. Je n'avais pas réalisé à l'époque à quel point c'était juste miraculeux d'avoir une chambre meublée pour seulement 20,000 yens par mois (soit environ 180 euros), avec salle de bain privative (d'accord, elle faisait 2m², MAIS elle était à moi), possibilité d'avoir internet au 4ème étage, machine à laver, bureau de poste de l'autre côté de la rue, métro à trois minutes à pied et supermarché en bas de l'immeuble, et un Sushiro (mon resto de sushi préféré) ainsi qu'un Book-Off à dix minutes en vélo. Non, tout ce que je trouvais à faire, c'était de me plaindre (parce que j'aime beaucoup me plaindre, comme tu l'auras sans doute remarqué) qu'il n'y ait pas de combini proche de chez moi.

Naïve enfant.

Cette fois-ci, donc, il m'est apparu que je devrais faire les démarches moi-même. D'abord, demander le visa. Boudidiou, qu'est-ce qu'il faut pas réunir pour l'avoir, ce visa ! Tous les documents doivent être datés de moins d'un mois auparavant, à savoir, l'attestation de la banque comme quoi tu es riche, le certificat médical comme quoi tu es en pleine forme, le récit de touuut ce que tu vas faire quand tu seras au Japon, mois par mois, et de comment tu vas faire pour trouver tes sous là-bas (parce que c'est un visa vacances-travail, attention, ce qui veut dire que tu peux travailler, mais PAS TROP, et tourismer, mais PAS TROP NON PLUS.), une lettre de motivation expliquant pourquoi tu tiens absolument à t'expatrier dans un pays aussi différent du tiens, un CV parce que bon, voilà, un formulaire auquel tu ne comprends rien et dont tu laisses la moitié vide parce que c'est plein d'informations que tu n'as pas encore, genre ton adresse là-bas ou le numéro de ton vol pour l'aller (bah oui, tu vas pas louer un appart ou acheter un billet d'avion si tu sais pas si ton visa va être accepté, déjà, soyons logique). Ah oui, et n'oublions pas la photo.

Bref, une fois tous ces papiers réunis à la sueur de ton front, il faut se rendre à l'ambassade de Paris, si tu habites dans à peu près la majorité de la France, c'est à dire au nord, au centre, ou à l'ouest. Si comme moi, tu as décidé d'émigrer vers le sud de la France, près de Toulouse, il faudra te rendre à Marseille. 

Oh peuchère, Marseille. C'est pas que j'avais pas envie d'y aller. C'est que j'avais TRÈS TRÈS pas envie d'y aller. Je suis du genre stressée, et l'idée d'un voyage à Marseille me paraissait tellement insurmontable (et l'idée d'une NUIT à Marseille me paraissait juste inconcevable) que je me suis dépêchée, je suis partie vite-fait le matin, et je suis revenue fissa dans la journée, après mon passage au consulat. 

J'avais gardé de l'ambassade de Paris (où j'avais demandé mon visa étudiant, étant encore lilloise à cette époque) un souvenir plutôt raide, détecteur de métal, attente, grand hall, guichets fermés, visages fermés, bref, de quoi impressionner une petite étudiante impressionnable. 

Je garderai du consulat de Marseille l'image d'un bureau tout petit, au bout d'un escalier, suffoquant de chaleur grâce aux baies vitrées plein Sud inondées de soleil (mais les mecs, fait toujours chaud chez vous ou quoi ? On était en janvier!), un vigile en guise de détecteur de métal, qui me demande juste de lui donner mon portable, et personne, personne, PERSONNE d'autre que moi. (Personne ne demande jamais de visa à Marseille, ou quoi?) Plutôt sympa, dans l'ensemble. Marseille, je regrette mes préjugés sur toi. (Surtout qu'au bout de l'avenue du consulat, y'avait la mer, et ça, c'est quand même cool).

Bref. La chose s'est avérée plutôt simple, à part pour parler à la gentille réceptionniste et constater que mon maigre japonais acquis durement pendant un an là-bas s'est depuis longtemps barré en courant, et deux jours plus tard, je recevais le Graal chez moi par Chronopost.

C'est là qu'il a fallu passer à la suite, le Problème n°2 : l'appartement.

Grâce à Sweet, mon amie, qui est environ un milliard de fois plus débrouillarde que moi, et qui a eu la gentillesse de me diriger vers quelques sites immobiliers spécialement pour étrangers (chercher un appartement en japonais, moi qui ai oublié comment dire "merci" en forme polie ? Jamais!!), j'ai donc commencé par repérer des appartements susceptibles de correspondre à mes attentes. 

Il faut savoir qu'au Japon, il y a plusieurs choses qui sont embêtantes quand il s'agit de louer un appartement.
- Déjà, il faut un garant. Pas de garant, pas d'appart. Or, quand tu arrives sur le sol japonais avec un visa vacances-travail et que tu ne connais personne, tu ne vas pas demander au premier péquenaud dans la rue de te servir de garant. Heureusement, pour contourner le problème, il y a des sociétés spécialisées qui, moyennant finances, acceptent de se porter garant pour toi. Ouf. Problème résolu. 
- Ensuite, il faut payer la caution. Elle est normalement rendue lorsqu'on quitte l'appartement, mais rarement en entier, à ce qu'il paraît.
- Ensuite, il faut payer le "key money", à savoir un cadeau au propriétaire (équivalent grosso-modo à deux mois de loyer) qui, comme c'est un cadeau évidemment, n'est pas remboursé. Ha ha. Heureusement, le site sur lequel j'ai repéré mes appartements faisait grâce de ce key money pour les étrangers louant via leur page web. Ouf bis. 
- Ensuite, il faut payer le loyer en avance. Du coup, avec les frais de garant, de caution, et de key money (si tu n'as pas réussi à les éviter), c'est le moment où tu commences à être un peu sur la paille. 

Prendre un appart au Japon, ça nécessite de l'argent. Lorsque tu fais ta demande de visa, l'ambassade exige de ta part que tu prouves être en possession de a) 3200 euros, si tu as déjà acheté ton billet d'avion, b) 4500 euros sans le billet d'avion. Et tu te dis, ha ha, 4500€ pour un an ? Laaaaarge! 
Oui ben, pas si large que ça, en fait. 

Ce qui m'inquiétait le plus, à vrai dire, c'était de débarquer sur le territoire et de devoir commencer à rechercher un appart APRÈS. Surtout quand j'ai commencé à chercher des hôtels et que, m'y prenant à la dernière minute comme la bécasse que je suis, j'ai remarqué qu'il n'y avait plus une seule chambre de libre dans tout Ôsaka, hôtel, auberge de jeunesse, guest house, NULLE PART. (True story.) Apparemment, le monde entier compte se rendre à Ôsaka entre le 28 mars et le 10 avril.

J'ai donc envoyé des mails aux gentils gens s'occupant des deux apparts que j'avais repérés (l'un proche de chez Sweet, mais plus cher et moins équipé, et l'autre plus loin de chez Sweet, dans Ôsaka même, mais moins cher et mieux agencé). Au final, il s'est trouvé que l'un (le plus cher) pouvait se réserver en ligne tandis que l'autre non. Soucieuse d'emménager dès mon arrivée pour ne pas me retrouver obligée de squatter les karaokés et les restaurants ouverts 24h/24 avec une valise de 25K à traîner avec moi pendant quinze jours, je me suis donc décidée pour le bâtiment Amour (ça s'annonce bien, je vous le dis), ville de Takarazuka, préfecture de Hyôgo, au nord d'Ôsaka.

Et c'est là, mes amis, que le miracle japonais s'est mis en route, en la personne de Ken (pour la millième fois maman, aucun rapport avec Barbie), surnommé parfois Ken-chan ou Ken-sama par ma personne. Ken, japonais, bilingue japonais-anglais (OUF), qui s'est mis en quatre pour répondre à mes (nombreuses) questions, qui a fait toutes les démarches, appelé les compagnies de gaz, d'eau et d'électricité, demandé un rendez-vous avec l'agence immobilière pour moi, a traduit mon bail de location en anglais, et qui est même allé jusqu'à louer pour moi les meubles dont j'avais besoin pour mon appartement.
 
Ken-sama, je ne sais pas à quoi tu ressembles (probablement à un milliardaire blond aux yeux bleus sculpté comme un dieu, si j'en crois maman), mais sache que je te voue une vénération sans faille. 
("Comme on Laurie let's go party!" "Ooh, it's gonna be so much fun ! Oh, I love you Ken!")
Je vous ai mis la chanson dans la tête ? J'espère que oui.

Durant ce dernier mois, donc, je me suis réveillée chaque jour au son d'un e-mail de Ken-sama, qui a réglé tous les problèmes que j'aurais pu rencontrer, et voici le résultat : arrivée le 27 au soir à l'aéroport du Kansai, j'emménage le 28 au matin dans mon nouvel appartement. Le 28 au soir, j'ai mes meubles.

Évidemment, tout ceci n'est pas allé sans un stress énorme, l'impossibilité de dormir la nuit (et si j'étais à la rue ? Et si j'arrivais et que j'avais pas d'appart ? Et si c'était une grosse arnaque ? Et si je rate le rendez-vous à l'agence au cas où mon avion aurait un jour de retard comme cet été quand je suis revenue de Kôbe ? (True story.) Et si j'oubliais mon doudou? Et si, et si, et si...) mais maintenant que j'écris ces lignes, je me rends compte encore une fois que tout, finalement, est allé dans mon sens, à moi la sale chanceuse, et j'espère fortement que ça va continuer toute l'année. 

Voilà donc. Vous savez tout. Je vous en dirai plus sur mon nouveau chez-moi dès que j'en saurai plus moi-même, et surtout dès que j'aurai internet là-bas. (Euh, Ken-chan ? Tu veux bien m'aider pour Internet, dis?) 

A très bientôt, mes choux à la crème !

mardi 10 mars 2015

D'une résurrection...

Vous n'y croyiez plus ? Eh bien, moi non plus.
Qui l'eut cru, mes braves ! Qui aurait vu venir le jour où ce blog se relèverait de ses cendres, tel Fumseck le phénix ? Vous pensiez être débarrassés de moi et de mes références pourries pour de bon ? Naïfs enfants ! *rire diabolique*

Eh oui. On rempile pour un an, les gars. La Sana s'envole à nouveau vers le Japon, et comme toujours dans ces cas-là, elle décide qu'elle va en profiter pour emmerder le plus de monde possible avec ses articles inutiles et ses cris hystériques d'otaku. Brace yourselves !

Mais j'ai comme l'impression que tu as besoin d'une petite explication, cher lecteur, alors allons-y. Comme tu t'en rappelleras (ou non, vu que ça fait, hum, presque trois ans maintenant depuis mon dernier post), je t'ai honteusement laissé en plan alors que je te racontais mes aventures à Tôkyô. (Si tu espères en voir la suite, d'ailleurs, je suis navrée de briser tes espoirs tout de suite, mais étant donné que j'ai déjà du mal à me souvenir de ce que j'ai mangé ce midi, je ne crois pas récupérer dans ma mémoire-gruyère des souvenirs assez consistants de ce voyage. Sache juste qu'il était hyper cool). 

Bref, prise entre ma boulangerie et le joli popotin de mon chef, mes cours à l'université (qui, si tu te le rappelles, était à une heure et demie de train de chez moi), et mes petits jobs par-ci par-là de prof d'anglais pour des écoliers japonais à l'autre bout de la ville (pas celui de la fac, c'eut été trop simple, non ; un troisième bout, à équidistance de mon appart, à une heure de là, et de la fac, à une heure de là), je n'avais plus une minute à moi pour te faire le récit de ma passionnante vie (une perte incommensurable, tu en conviendras), et ce jusqu'au jour de mon départ pour la France, le 31 août 2012.

Puis j'ai trouvé un travail (un chouette travail de traductrice de mangas, si tu te poses la question - et si tu as lu tout ce que j'ai marqué sur ce blog avant, tu sauras à quel point je suis toujours la fille la plus chanceuse au monde) et j'ai recommencé à vivre ma vie en France. 

Or, voilà que quelques années après (deux ans pour être précise, ce qui nous ramène à l'été dernier), je vais en vacances au Japon pendant deux semaines (parce que bon, hein, même si je n'y habite plus et que mes goûts dans la vie ont quelque peu changé, j'aime toujours le Japon tendrement), où je suis logée par Sweet, l'une de mes meilleures amies, qui va probablement faire un échange à Ôsaka à partir d'avril et qui me dit "roooh, ça serait trop bien que tu viennes en même temps que moi en WH!"

WH, pour les novices, c'est Working Holiday, PVT, visa vacances-travail. Un programme mis en place entre la France et une dizaine d'autres pays qui permet de partir pendant un an pour le séjour de ton choix, Japon, Corée du Sud, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, etc...

L'idée a donc fait son chemin, et je me suis dit "hé, au fond, why not?". J'avais pour autre projet d'aller vivre en haute montagne avec de la neige et des chèvres, mais comme on ne peut obtenir un WH qu'avant 30 ans (35 pour le Canada) et que les chèvres, tu peux en avoir toute ta vie, je me suis dit, "ma petite Sana (j'aime beaucoup me parler à moi-même), tes chèvres, tu pourras les avoir au retour, mais ton Japon (et ton Australie et ta Nouvelle-Zélande, qui ont également fait partie de mes projets), tu ferais mieux de te dépêcher d'y aller avant de ne plus pouvoir". (Car quoi qu'en dise mon profil à droite qui n'est plus à jour depuis longtemps, je n'ai plus 23 ans, et l'âge commence à se faire sentir.)

C'était dur de renoncer aux chèvres, mais sachant qu'elles m'attendraient à mon retour, je suis donc allée à Marseille pour obtenir mon visa, et deux jours plus tard, j'étais l'heureuse propriétaire d'un passeport estampillé aux couleurs d'un PVT. 

Ça c'est mon visa. Il pète pas un peu la classe ?


Et comme un bonheur ne vient jamais seul, il a donc été décidé avec moi-même que nous rouvririons le blog. Mais les choses ont changé, mes amis, et comme je m'en vais habiter près d'Ôsaka, l'ancien nom de ce blog, Nagoya Lifestyle, n'avait plus de raison d'être. Du coup, je l'ai remplacé par Sana Lifestyle, ce qui, non content de coller un peu mieux au thème, est de toute façon également plus satisfaisant pour mon égo démesuré.


Voilà pour la résurrection. Je m'envole dans une quinzaine de jours, mais je peux déjà vous parler dans un prochain post (qui, espérons-le, ne sera pas étouffé dans l’œuf par ma flemme habituelle) de mes recherches immobilières (mon appaaart, ma bataaaille, fallait pas que j'm'en aaaille wohohooo), de mon manque total d'organisation (comme d'haaabituuuuuuuudeuuuh) et de mon stress paralysant (je n'peux paaaas, je n'sais paaaas et je reste plantée làààà). 

A très bientôt, mes bichounets !
(Je constate que la mise en page sur blogspot est toujours aussi chiante, quel plaisir de la retrouver. Ha. Ha. Ha.)