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lundi 7 novembre 2011

Utsumi et les mandarines

Salut tout le monde ! J'espère que vous allez bien. J'ai de nouveau intitulé mon article Utsumi et les mandarines, et cette fois, j'ai bien l'intention de m'y tenir, et de vous raconter cette journée à Utsumi, au lieu de partir en digressions sur les bons plans au Japon.

Mais laissez-moi vous mettre en contexte. La veille de ce jour à Utsumi, je reçois un mail de la maman de ma famille d'accueil, qui me dit "désolée de te prévenir si tard, est-ce que tu es libre demain pour une récolte de mandarine et de l'athlétisme en plein air ?" et moi, toujours prête à sauter sur de nouvelles occasion de découvrir le Japon : "bien sûr !".

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le lendemain, à 10h, je m'engouffre dans la voiture automatique de la famille Iwase, et hop, direction Utsumi, c'est à dire au sud de Nagoya, à une heure de voiture de là, sur un des deux bras de mer qui forment l'extrémité d'Aichi, la préfecture où j'habite. Je me suis déjà baladée en voiture, mais jusque là, c'était toujours en ville, et là, c'est amusant de voir défiler les villages aux maisons japonaises, aux toits japonais, aux champs japonais, dans la campagne japonaise... Pas de doute : vous êtes en pays étranger ! Et dire que pour ma famille d'accueil, tout ça c'est du vu et revu... Ça doit être comme pour moi, qui ne sais même pas dire ce qui est traditionnel ou pas en France.

Au bout d'une heure, on arrive à Utsumi, où on entraperçoit la mer, avant de remonter vers les terres pour aller à l'endroit où se trouve la récolte de mandarines. Moyennant finances, on peut avoir accès aux mandariniers, et cueillir autant de fruits qu'on le désire ; et en repartant, on aura droit à un sac de mandarines. 

Ça vous fait pas penser aux jardins dans "Zeus, le maître de l'Olympe" ?
Bien sûr, qui dit campagne, dit insectes, et je ne ressors pas de là sans m'être fait copieusement piquer par des moustiques. Et comme ce sont des moustiques japonais, comme à chaque fois, je fais une réaction allergique, ce qui fait que j'ai maintenant des bosses un peu partout sur les jambes (ça m'apprendra à y aller en short!). Il n'y a pas que des moustiques, bien sûr, il y aussi un nombre important d'araignées, qui sont autrement plus grosses et plus colorées que celles de France, qui se contentent d'être petites et toutes noires (promis, au retour, je n'en aurai plus peur...), et d'autres espèces dont j'ignore jusqu'au nom, mais qui ne m'inspirent pas grande confiance. Moi et les insectes, ça n'a jamais été une grande histoire d'amour. 

On déplie des nappes sur le sol, et on s'installe pour un pique-nique, composé d'onigiri (des boules de riz) faits maison, de petites saucisses, d'omelette roulée, de nigirizushi (du riz enveloppé d'une sorte de friture) et autres petits régals bien japonais. En guise de dessert, bien sûr... des mandarines. Elles sont rudement bonnes, en plus. Bon, en arrivant, j'ai eu la mauvaise surprise de découvrir qu'elles n'allaient pas du tout avec le goût du dentifrice, mais une fois le pique-nique passé, ça allait mieux. 

Puis est venu le temps de l'athlétisme, ce mot qui me faisait si grand peur dans le mail d'Iwase-san ! Mais en fait, en guise "d'athlétisme" (je m'imaginais déjà des courses à pied, et des trucs pas fun), c'est plutôt un parc où on nous propose des petits obstacles, les uns à la suite des autres : ça passe par la grimpette à la corde, traverser le lac sur des petites planches mouvantes posées sur l'eau, courir sur des panneaux de bois obliques, passer d'anneaux en anneaux suspendus, s'engouffrer dans des tunnels... Bref, un petit Fort Boyard, sans le fort, et sans les boyards. Si vous réussissez à franchir l'obstacle, c'est 2 points : sinon, zéro. Selon vos points, vous êtes échelonné en plusieurs catégories, et Yuuichiro (mon petit frère d'accueil) et moi, on se situait dans la deuxième plus haute catégorie, à savoir qu'on était des orangs-outans. Faut dire qu'on se précipitait sur chaque obstacle avec une joie toute enfantine, donc forcément à la fin, le nombre de points montait de façon conséquente. 

Après le parcours a succédé un jeu de minigolf, qui était très drôle ! Ca faisait depuis mes neuf ans que je n'avais plus fait de minigolf, j'étais toute heureuse d'y rejouer. Ensuite, c'était au tour de la piscine à balles multicolores, comme il y avait à Kiabi quand j'étais petite. J'étais la seule adulte à me jeter dedans avec un bonheur indicible, mais comme de toute façon les japonais passent déjà leur temps à me fixer quand je ne fais rien de particulier, autant qu'ils aient une bonne raison de m'observer à la dérobée. Après la piscine à balles, c'était le donjon, où il fallait trouver son chemin dans une structure en bois où c'était impossible de tenir debout. Je me suis cognée plusieurs fois la tête, mais c'était drôle. Yuuichiro faisait le leader et Shiori, ma petite sœur d'accueil, m'encourageait et me recommandait de faire attention aux rebords.

En sortant du parc, on a repris la voiture et on s'est dirigés vers la ville d'Utsumi, où un onsen en bord de mer nous attendait. Je rappelle le principe de l'onsen pour ceux qui l'ont oublié : de grands bassins d'eau dont la température varie entre "très chaude" et "brûlante". Vous vous lavez à l'extérieur des bassins, et quand vous êtes bien propre, vous pouvez vous glisser dans l'eau pour vous débarrasser de la fatigue du jour. Bon, si l'eau est plus proche de "brûlante" que de "très chaude", c'est généralement impossible d'y rester plus de dix minutes - sans compter celles que vous mettez à entrer dans le bain, parce que c'est bien joli tout ça, mais se précipiter d'un seul élan dans l'eau comme le faisait Shiori, c'est proprement impossible (enfin, pour moi, en tout cas).

Avant d'entrer dans l'onsen, on s'est un peu baladés tous ensemble sur la plage, qui, comme toutes les plages au soleil couchant, avec ses montagnes environnantes, était superbe. Il y avait des drôles de petits bâtons de bois dans l'eau, et Iwase-san m'a expliqué que c'était de cette façon qu'ils ramassaient le nori, cette algue utilisée pour tout et pour rien au Japon. Quelques photos et quelques chaussures mouillées plus tard, on est entrés dans l'onsen. 

Shiori et Yuu, et les bâtons à nori au loin

 En vérité, les bains s'appellent "onsen" quand ils sont entre quatre murs et un toit, mais on les appelle "rotenburo" quand ils sont à l'air libre. Ici, il y avait l'onsen normal d'un côté, et  de l'autre, une sorte de rotenburo sans en être tout à fait un, puisque du côté de la mer, il n'y avait qu'une simple barrière destinée à protéger les clientes des regards extérieurs au lieu d'un mur. Ainsi, on pouvait se baigner en sentant l'odeur d'iode de la mer, et si on se redressait un peu, on pouvait contempler les nuages rouges flamboyants et le soleil couchant qui disparaissait à l'horizon. Je peux vous dire que quand vous regardez ça alors que vous vous baignez dans un bain brûlant, ça fait un effet bœuf. 

Bien sûr, comme l'après-midi sportif et le bain brûlant avaient creusé les estomacs, en sortant de l'onsen (au troisième étage du bâtiment), on est descendus au deuxième, où il y avait un restaurant. Encore une fois, j'ai pu manger alors que mes pieds nus caressaient la moquette soyeuse, et c'est franchement une sensation super agréable ! Quant au repas, comme dans tous les restaurants japonais où je suis allée jusque là, il était excellent : des tempura udon pour ma part, c'est à dire un bouillon de nouilles avec des légumes et des crevettes entourés de friture. Mais comme Iwase-san tient toujours absolument à ce que je découvre les choses traditionnelles, je me retrouvais souvent avec un extrait de l'assiette des voisins dans la mienne. 


On est ensuite redescendus au premier pour retrouver nos chaussures, puis on est remontés dans la voiture, où les enfants se sont endormis presque instantanément ; et comme ma résidence n'était pas du tout sur le chemin du retour, Iwase-san et moi nous sommes arrêtées à une gare proche pour y prendre le train jusque Kanayama : un chemin que connaissait bien Iwase-san puisqu'elle le prenait tout le temps au temps du collège et du lycée, apparemment. Et je suis rentrée chez moi non seulement avec un sac entier de mandarines, mais aussi avec des jolis mouchoirs aux motifs japonais dont Iwase-san m'a fait cadeau. C'est difficile de se faire accepter par des japonais, par ici, mais je peux vous dire qu'une fois que vous l'êtes, c'est incroyable comme ils se montrent adorables !


Shiori-chan

Et voilà. Je suis rentrée chez moi avec un grand sourire aux lèvres, le coeur en fête, et une migraine épouvantable (je ne sais pas pourquoi, mais les onsen ont toujours cet effet-là sur moi). Avis au futur étudiant qui sera accepté pour l'échange à Aichi (si jamais tu me lis): si on te propose un choix entre une nuit en famille d'accueil ou une nuit en chambre d'étudiant provisoire en attendant la résidence, CHOISIS LA FAMILLE D'ACCUEIL ! En dehors du fait que ce soit moins cher, qu'ils soient adorables et prêts à tout pour te faire plaisir, c'est en plus un excellent entraînement, car bien sûr, j'ai passé la journée à parler en japonais avec eux. Encore une fois, je m'extasie devant la chance que j'ai eue de les rencontrer...

C'est tout pour ma journée à Utsumi ! Le prochain article sera sur mon voyage à Kyôto, et vous verrez des belles photos, je vous le promets !

Des bisous !
Sana.

4 commentaires:

  1. Magnifique article qui nous montre à quel point les japonais aime la nature ;
    Ta "vraie" maman est tellement reconnaissante à ta maman d'accueil pour tout ce qu'elle fait pour toi...comme toujours, tu as beaucoup de chance! (bon, on ne parle pas des moustiques)
    mamounette.

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  2. C'est vrai que t'en as de la chance... T'as le cul bordé de nouilles (sans mauvais jeu de mots ^.^)!!
    C'est génial qu'ils aient gardé contact avec toi comme ça.
    Tu nous racontes quand ton voyage à Kyoto?
    En tout cas, merci! La veille du grand jour, ce petit récit exotique m'a requinquée :)
    Ta Gaboche.

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  3. Ouah ! ça c'est un récit qui donne envie ! Ils ont l'air adorables !

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  4. "Ça doit être comme pour moi, qui ne sais même pas dire ce qui est traditionnel ou pas en France."

    Eh bien..... je suppose que le vieux-Lille et les immeubles en brique on leur charme français...
    Ou en Bretagne les maisons aux grosses pierre et au toit d'ardoise.

    Bwaaah.... papillonnnns TT___TT comment ferais-je si j'en voyais ? :(

    "on se situait dans la deuxième plus haute catégorie, à savoir qu'on était des orangs-outans. Faut dire qu'on se précipitait sur chaque obstacle avec une joie toute enfantine, donc forcément à la fin, le nombre de points montait de façon conséquente. "

    ...... ahahahah GG ! J'ai toujours appelé ça un "parcours de santé" si c'est bien comme ce que je m'imagine ^^

    "J'étais la seule adulte à me jeter dedans avec un bonheur indicible"

    Pourquoi je vois EXACTEMENT à quoi devait ressembler ton visage quand tu t'es jeté dedans.... ? XDD

    La famille d’accueil.... bwaaah, Laurie, c'est génial, je suis super contente pour toi ^__^ ils ont l'air charmants, et j'imagine que le vivre en vrai c'est comme vivre un rêve éveillé !

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